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16.01.2009

Un accouchement qui en dit long sur le droit des femmes à choisir leur vie

Je me contrefiche du caractère people de l’accouchement de la Ministre de la Justice.

Ce qui me fait réagir est plutôt l’après accouchement et le retour forcé au travail. 


Plusieurs de ses collègues ministres ont célébré l'évènement avec une rhétorique justifiant le renoncement aux droits sociaux et aux obligations naturelles les plus élémentaires, par le courage de la Ministre, sa liberté individuelle imprescriptible et la sacro-sainte valeur travail. Ils la qualifiaient d’icône des femmes modernes…

J’arrive plutôt à penser, vu le planning des annonces du Président, que le sacrifice de la jeune maman aurait été la conséquence d'une pression dont se serait rendu coupable le Président lui-même. La menace sournoise car dissimulée de perdre son Ministère si elle s'absentait trop longtemps.

Par ailleurs, je me demande pourquoi le Président, en neuf mois, n’a pas eu le temps d’organiser un remplacement temporaire et efficace de notre Ministre , par un collègue bien en place, qui n’enviait pas ce poste. Le Président doit pouvoir assurer la continuité de ses services, a fortiori quand il a le temps de se préparer !

 

Un manque d’organisation ?

Un congé maternité se prévoit à l’avance, le manager étant prévenu au plus tard à trois mois de la grossesse. Les remplacements sont toujours possibles, mais dans notre cas on peut se demander si quelqu’un connaît bien les dossiers de notre ministre irremplaçable ? dans ce cas nous pouvons nous inquiéter pour les autres ministères : quid si Messieurs Hortefeux, Fillon, Kouchner ont un accident ou une  subite envie de faire un autre travail ? Les remplacements sont prévus à l’avance, les dossiers doivent être partagés, et bien sûr, à ces niveaux, les « doublons » sont indispensables. Ce qu’il dit pour nos urgences hospitalières…il devrait d’abord l’appliquer à son gouvernement : savoir s’organiser !

Les femmes et les employeurs organisés peuvent très bien gérer ces situations dans la sérénité pour le bien de la maman, du bébé et de l’entreprise…

 

Pression sournoise

Je pense que c’est au fonctionnement républicain et au fonctionnement du monde du travail à s'adapter à la maternité, pas à la femme de sacrifier sa vie de nouvelle maman pour quelques dossiers qui ne sauraient attendre.

Cet épisode est le symbole du caractère sournois et donc difficile à contrecarrer des discriminations faites aux femmes dans le monde professionnel.

C’est le symbole de la limite de protection de la femme au travail, avec la partie sournoise de discrimination à l’embauche ou à la prise de responsabilités. Car c’est bien là aussi le fond du problème. Une femme doit trop souvent encore choisir entre sa carrière et sa vie privée…

Et les pressions sont multiples :

Un employeur refusant le temps choisi, l’obligation d’être à temps partiel en fonction des difficultés de garde, l’obligation de choisir entre la maternité et l’évolution professionnelle (aujourd’hui la moyenne d’âge pour un premier accouchement et à 30 ans). Je ne parle pas de la moindre rémunération des femmes à poste équivalent…

 

Un symbole affligeant

Le message politique symbolique passé à cette occasion m’est aussi clair que repoussant : se soumettre avec zèle à la pire des pressions professionnelles.

Pour conserver un job, ou garder l’espoir de ne pas piétiner dans sa carrière,  renoncer à un droit fondamental : la liberté du choix !

J’estime que le choix d’avoir un enfant ne doit pas être dicté par le monde du travail ! Alors gardons les femmes au travail, elles apportent tant, et laissons les faire des enfants qui seront à leur tour des personnes raisonnables !  

Ensuite, pour mieux vivre ensemble, le choix réel doit être possible entre faire une pause dans son activité professionnelle pour élever un enfant quel que soit le sexe du parent ou travailler en ayant l’accès à la garde de l’enfant quel que soit le revenu du(des) parent(s).

Commentaires

Bonjour Bertrand et merci pour ta note qui reflète complètement les difficultés que nous rencontrons ou que nous avons rencontrées en tant que "femme".

J'ai partagé ton point de vue avec quelques collègues, lesquelles bien évidemment confirment tes propos.

A bientôt

Ecrit par : Malem Thérèse | 16.01.2009

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